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Peinture de Rassouli

- "Voici une hypothèse qui peut vous aider à pressentir la vérité à ce sujet : imaginez la création sous la forme d'une immense horloge qui, au lieu de désigner les heures, donnerait ce que nous appelons des époques. Midi serait l'an 1 de la création, minuit serait l'an 2000. De midi à minuit, l'horloge marquerait chaque étape de chaque année comprise entre 1 et 2000. Envisagé du plan humain, à l'an 1967, par exemple, les aiguilles auraient presque achevé le tour du cadran, et les années antérieures seraient le Passé, les trente-trois ans restant à couvrir constituant l'avenir.

- "Cependant, considéré du niveau de la réalité, les aiguilles qui marquent le temps pour la connaissance humaine n'auraient aucune existence réelle. Elles ne "seraient" que pour l'homme et sa perception illusoire. Par contre, à ce niveau, chaque période existerait de façon simultanée avec toutes les autres, l'an 1 ou 25, par exemple, étant aussi réel et actuel que l'an 1967, quoique la conscience humaine limitée ne percevrait que son époque ou, mieux, son "moment" de perception. Mais, si elle pouvait se dépasser elle-même et concevoir l'ensemble, la réalité, elle aurait alors connaissance de toutes les époques et vivrait, disons l'an 10, ou 25, ou 50 aussi bien que l'an 2000 et naturellement l'an 1967 entrant dans l'échelle de "son" temps. L'homme vivrait alors au rythme de la création entière. Sa conscience serait universelle.

- "Je pense que cet exemple vous permet de comprendre partiellement votre expérience.

- "Vous n'avez pas cessé d'appartenir à l'époque où se manifeste actuellement notre conscience mais, pendant quel quelques "instants", vous avez eu "connaissance" d'une autre époque de l'horloge, aussi réelle que la nôtre et existant simultanément avec la nôtre.

Le bossu, depuis un instant, me regarde, effaré. Son visage exprime la tempête intérieure que soulèvent mes explications. Aussi ne suis-je pas surpris qu'il m'interrompe :

- "Considérez cette thèse, pour employer la désignation choisie par vous, comme une base de travail. Méditez-la et voyez à quelle conception de l'univers elle vous conduit. C'est en épousantles faits que vous pourrez leur donner vie POUR VOUS-MEME. Si votre raisonnement veut intervenir où, précisément, il doit faire silence, nulle théorie, aussi vraie soit-elle, ne vous conviendra jamais. Seuls les acquis perçus par vos sens auront quelque valeur et vous resterez au niveau d'une illusion plus trompeuse que les conceptions les plus audacieuses auxquelles vous seriez amené par de libres déductions,.. "
- "Je n'avais plus ma bosse... "

- "En êtes-vous si sûr ? Et même s'il en était ainsi, pourquoi voulez-vous que la bosse dont souffre votre corps ici soit aussi réelle ailleurs ? Vos lunettes aussi n'étaient plus celles-ci ; vos cheveux étaient différents. Votre "MOI" était le même, mais pourriez-vous affirmer que votre CORPS était "bien celui que vous avez en ce moment ?"

- "Euh!... Je ne crois pas, mais ce dont je suis SUR, C'EST QUE J'AVAIS UN CORPS ! Je le sentais, je le touchais... "

Peinture de Deborah Koff- Chapin

- "Vous le sentiez comment ? Vous le touchiez avec quel moyen de perception ? Assurément, vous disposiez de "sens perceptifs", mais vous seriez incapable de dire quelle partie de l'échelle des vibrations ces sens pouvaient percevoir.
- "Ce qui est certain, c'est que ces sens étaient IDENTIQUES, en essence, à ceux de votre corps physique. La différence réside en ce qu'ILS PERCEVAIENT UN TAUX VIBRATOIRE n'entrant pas dans la gamme perçue généralement par vos sens habituels. Ce taux était peut-être en deçà de votre perception normale, peut-être au-delà, mais je pencherais plutôt pour la première hypothèse.

- "Ainsi, votre corps, pour "prendre conscience" à un "niveau" différent, avait revêtu une NATURE différente accordée à ce niveau, vous étiez passé d'un plan à un autre, tout à fait involontairement du point de vue objectif, mais en créant, au préalable, sans vous en rendre compte, les conditions nécessaires à l'état que vous deviez connaître ensuite. En somme,vous avez alors APPLIQUE inconsciemment, à quelque moment, l'un des principes mystiques les plus secrets puisqu'ils sont connus seulement de rares adeptes, parmi les plus avancés.

- "Quoi qu'il en soit, je puis vous affirmer que votre expérience était REELLE, que vous l'avez traversée AVEC VOTRE CORPS et que tout ce que vous avez vu et éprouvé n'était à aucun égard subjectif, mais absolument VRAI. Disons que, pour vous, pendant quelques instants, le voile sTest déchiré et que vous avez eu plein accès à un PLAN PARALLELE... "

- "Je crois comprendre, constate mon interlocuteur,et vos explications antérieures sur l'unité et la loi divine en action - cette même loi nous apparaissant différente dans ses applications - me font admettre la possibilité de ces plans parallèles avec leur existence simultanée. Comme les cellules du corps dont vous parliez, ces plans sont en harmonie, en concordance les uns avec les autres dans la perfection de l'unité. Ils ont leur raison d'être dans le plan universel car rien n'existe qui n'ait sa place dans l'ordre des choses pour l'accomplissement du dessein divin. Pourriez-vous m'apporter encore quelques lumières sur ces plans parallèles ?"

 

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