(Première rencontre)
- " L'univers est une telle UNITE dont chaque chose et chaque
être sont des maillons. Un mot encore :
- " Les membres du Haut Conseil se réunissent en collège
quatre fois par an, à périodes fixes. Chacun d'eux est
cependant en rapport avec tous les autres quand il le désire,
d'un bout à L'autre de l'année... "
- " Les membres du Haut Conseil ont-ils une profession, disons
... profane ?"
- "Cela n'est pas interdit, mais, alors, elle doit
leur laisser la possibilité de répondre, à tout moment,
à tout appel et d'effectuer toute mission même imprévue...
"
- "Ces membres du Haut Conseil peuvent-ils occuper une responsabilité
politique ?"
-" NON ! C'est le seul interdit. Même la possibilité
d'une profession profane est une décision relativement récente.
Elle a été prise le 27 décembre 1945, au cours
de la dernière réunion périodique. Une profession
N'EST PAS nécessaire, à aucun égard, pour AUCUN
des membres du Haut Conseil. Elle est plutôt une occupation
quoique parfois elle facilite l'OEUVRE...
Mais je vois à quoi vous pensez dans votre question à
propos de politique sans doute à la prétendue synarchie
! QUELLE ERREUR ! Combien cette conception de certains auteurs est
ABSURDE ! Ce serait ramener à un niveau bien bas la mission
COSMIQUE du Haut Conseil. La politique est affaire des "hommes".
Elle sert parfois nos desseins et d'autres fois, non. Nous la suivons
de près DANS LE MONDE ENTIER et nous en tirons nos conclusions,
C'EST TOUT.
Bien entendu, si elle gêne l'évolution mondiale, nous
intervenons mais par des moyens qui n'ont RIEN à voir avec
la politique. En tout cas, ILS SONT PLUS EFFICACES. Quant à
la synarchie, c'est aussi l'affaire des hommes, de quelques hommes
poussés par des appétits, disons... matériels.
Nous n'avons aucun point commun, aucun lien avec une telle entreprise.
Toute autre conception est pure fiction, mais qu'importe !"
- "Je suis profondément surpris qu'ex abrupto, dans
un avion, lieu public où des oreilles indiscrètes peuvent
entendre vos propos, pratiquement sans me connaître, vous me
fassiez sans aucun contrôle de pareilles révélations.
JE SAIS, JE SENS que vous dites vrai. J'éprouve clairement
un état de confiance et de certitude.
Mais pourquoi à moi et pourquoi ici ? "
- " Est-ce à vous, Raymond Bernard, que je dois apprendre
que le hasard n'existe pas et pouvez-vous supposer que j'aurais livré
de telles informations à quelque quidam inconnu ? Pourquoi
à vous ? Peut-être en raison de ce que vous êtes,
peut-être pour d'autres motifs. Pourquoi ici ? Parce qu'il doit
en être ainsi. Quant au reste, rassurez-vous. Personne ne nous
a entendus. Encore une fois, ACCEPTEZ AVEC SIMPLICITE ".
Je veux poser d'autres questions, mais il m'arrête:
- " C'est assez, dit-il, et je ne dois rien ajouter. D'ailleurs
nous arrivons ". - D'autres, peut-être viendront...Londres
! Je pense toujours à Copenhague en Décembre lorsque
j'arrive à Londres !"
A peine à l'aéroport, il ralentit le pas et me dit:
- "Au revoir ! Puissent Dieu et nos Maîtres bénir
notre communion ! "
Impressionné par ces paroles, extraites, mot pour mot, du Liber
777, je réponds dans un souffle: " Qu'il en
soit ainsi ! "
Il porte, le pouce replié, trois doigts de la main droite à
son front.
Je m'éloigne et, me retournant rapidement, dans un dernier
regard, je le vois avancer lentement dans la même direction
pour les formalités de douane.
Comme son passeport m'aurait intéressé ! C'était
un homme de grande taille fort, la tête entourée d'un
turban de gaze bleu pâle, il avait un costume marron... Un homme
parmi, d'autres!
Je ne devais le revoir que plus tard, des mois plus tard, le 28 Décembre
1966, nous verrons en quelles circonstances. J’eus un excellent
sommeil à Londres, la nuit de cette première rencontre
insolite. Un sommeil si profond que le lendemain matin, je crus avoir
rêvé... et pourtant !