C'est
aujourd'hui le 2 décembre et sans relire ma relation jusqu'à
ce jour de mes visites aux "Maisons secrètes de la Rose-Croix",
je sens que cette relation appelle quelques commentaires. En effet,
ayant choisi d'écrire ce manuscrit le plus tôt possible
après chacun des événements qu'il présente,
il revêt quelque peu l'aspect d'un journal privé auquel
je livrerais mes pensées tout autant que les faits. Il en résulte
que ce récit contient beaucoup de "moi-même"
- peut-être trop. Une autre conséquence, c'est que si,
pour une raison quelconque, un contre-temps survient ou si une modification
se produit dans l'itinéraire envisagé, les pages écrites
portent en elles une espérance que ne confirment-pas les faits.
Or, à Madrid, j'ai appris, précisément, que la
dernière phase de mon voyage vers plus de lumière était
changée. Au lieu du Parthénon, c'est le Tage qui, une
fois de plus, m'accueillera. Mon premier mouvement a été
de réviser mon texte, de l'ajuster à la suite de l'événement
et de le rendre ainsi plus cohérent. Puis, j'ai décidé
de n'en rien faire, car en tentant d'uniformiser le récit,je
lui aurais peut-être enlevé la vie que lui insufflait
l'inspiration au moment où,- replié dans mon souvenir,
je projetais dans les mots la scène, que dis-je ? L'ETAT, retrouvé
dans les immages affluant à ma conscience et dans l'émotion
par elles renouvelée.
Je n'ai pas davantage revu Maha à Madrid. Devrais-je pour cela
censurer ce que Lui-même à Amsterdam m'avait laissé
entendre ? Je ne puis m'attribuer une telle liberté. D'ailleurs
était-il vraiment absent ? II SAVAIT que je serais à
Madrid et il CONNAISSAIT le lieu où J'étais attendu
et le moment de la visite... "Nos routes se croiseront"
m'avait-il assuré. Au fond, cela pouvait ne pas signifier qu'il
y aurait rencontre. Il était déjà à Athènes,
mais aurait pu tout aussi "bien être à Madrid sans
qu'il juge nécessaire de me voir. Après tout, il suffit
de voir Maha une fois pour ne jamais l'oublier. Il est ensuite avec
vous et vous vivez avec lui. Or, j' ai eu le privilège de multiples
rencontres. Je ne les attendais pas et ma reconnaissance est infinie
pour ce bonheur insigne.
Pour la Grande Veillée, eh bien, je me prépare ! Les
grands enseignements de l'ordre rosicrucien AMORC m'ouvrent le trésor
unique de leur sagesse profonde et, curieusement, ce sont les degrés
du néophyte qui me sont apparus comme les plus appropriés
à la circonstance. Il est vrai qu'ils renferment beaucoup,
peut-être TOUT, mais on ne le perçoit qu'une fois le
cycle achevé, après bien des années...
Ici, au Domaine de la Rose-Croix, aussi étrange que ceci puisse
paraître à mes lecteurs, le silence est grand autour
de mes visites aux "maisons secrètes". Il le faut
pour que la relation écrite grave l'événement
avant toute question, avant tout commentaire et garde en son entier
l'âme du souvenir. Ma femme, discrète, active, toujours
anxieuse de m'éviter le souci du quotidien, se tait mais, tandis
que je livre au papier "le secret", je sens parfois, posé
sur moi, patient, l'inquisiteur regard de Pernelle... Elle attend,
comme attend le Grand Secrétaire Serge Wahart, cet ami silencieux,
travailleur, efficace et indispensable dont, chaque jour, la réconfortante
présence et l'affectueuse attention me font craindre d'avoir
été quelque peu égoïste lorsque je l'ai
choisi pour être à mes côtés. Quant à
mon fils, en Sagittaire nuancé de Scorpion, il reste partisan
de la légalité et de l'ordre et profondément
attaché à la règle et au formalisme, et il prend
patience, car le moment viendra, il le sait, d'essayer, à travers
le texte, de pressentir ce qu'il appelle mes "autres secrets"...
Voilà où nous en sommes dans le périple qui,
bientôt, s'achèvera... Ce matin, mon billet d'avion est
arrivé : Air France vol 503 du 26 décembre, départ
1th.40, retour T.A.P. 400 du 5 janvier, départ 9h.35. Entre
ces deux dates, la Grande Veillée... Vite ! Que s'amenuise
l'interlude... J'aurai ici, avec les miens, mon Noël de joie
et "là-bas", je le pressens, un minuit de Lumière
dont mon âme carillonnera le Noël...