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Le Parthénon – Temple d’Athéna
 
Athenes, Avril 1984  1 2 3 4 5 (suivante)

J’avais été invitée à assister, pour la première fois en Grèce, à une convention culturelle à Athènes en qualité de Grand Conseiller de l’AMORC pour Chypre. La raison de cette invitation était que je présente un diaporama de mes peintures en soulignant la philosophie mystique qui se cachait derrière chaque œuvre. Avec moi, il y avait deux autres invités honorifiques, un couple français qui n’était autre que Raymond Bernard et sa femme Yvonne, qui ne parlait que le français. Etant la seule autre invitée présente à parler français, on me demanda si je voulais bien les accompagner en Grèce pour quelques jours.

Maintenant, comment puis-je commencer cette étrange histoire... je n’avais jamais rencontré Raymond Bernard en « chair et en os » avant cette rencontre. Je l’avais connu dans mes rêves éveillés où il m’enseignait certains aspects du processus de « purification ». Mais bien plus que cela, même avant d’avoir été impliquée dans le mysticisme, j’ai souvent entendu une voix juste avant de me réveiller, tôt le matin. Cette voix, puissante et cependant pleine de compassion, avait l’habitude de murmurer et parfois de crier des commentaires courts dans mon oreille droite et je me souviens très précisément d’une phrase que j’ai souvent entendue : « Tu es dans la Cathédrale de l’Ame... ». Cette voix claire et les mots employés me laissaient perplexes, car je ne savais pas à qui était cette voix ni souvent ce que ces mots signifiaient... Aussi pouvez-vous imaginer le choc et la surprise quand soudain j’entendis, pour la première fois la voix de Raymond... Est-ce que je rêvais ? Je ne pouvais croire une telle chose possible... Raymond Bernard Grand Maître de l’AMORC pour les pays de langue française était le guide qui souvent m’accompagnait et m’enseignait dans mes rêves lucides... Maintenant, pour la première fois, j’avais le privilège et l’opportunité d’être avec lui en présence physique et de lui parler, face à face. Bien sûr, je me sentis intimidée par une telle occasion, mais rapidement j’en vins à réaliser que son amour fraternel et sa compassion envahissaient tous ceux qui l’approchaient. Ainsi, il m’était soudain accordé l’opportunité d’être avec lui et sa femme sur le plan physique... Je n’arrivais pas croire à ma chance et j’acceptais immédiatement cette proposition incroyable. L’ayant acceptée, je ne pouvais deviner ce qui allait arriver ensuite. La dernière fois que j’avais visité la Grèce, j’avais 12 ans. Aussi étais-je un touriste, comme eux, mais heureusement, deux de nos hôtes grecs nous accompagnèrent pour la visite d’Athènes et de ses environs.

Voilà que je devais voyager en Grèce avec la même personne qui m’avait accompagné tout au long du sentier initiatique de ma vie intérieure. Il était présent là, auprès de moi quand, en 1970, une incroyable initiation eut lieu... qui éveilla quelque chose d’important en moi. Qu’il suffise de dire que pendant cette expérience, je fus éveillée spirituellement depuis les plans intérieurs et qu’on me demandait de répéter à haute voix : «Je suis un Etre de Lumière ». Je fus baptisée en Esprit et transformée... Pendant cet épisode, Raymond Bernard était avec moi, me conduisant à l’endroit précis où la transformation devait avoir lieu... Et maintenant, il était ici physiquement, en face de moi à Athènes... Je n’attendais rien de particulier de lui, et le fait que je sois là à Athènes avec lui et Yvonne était suffisant pour créer une « rupture » incroyable dans ma conscience et ce contact fit une brèche, une cassure dans ma façon de percevoir le monde, autour de moi et en moi-même... Une sensation étrange et excitante commençait à m’envahir – serais-je capable de vraiment comprendre ce qui m’arrivait ? Etais-je vraiment assez digne et forte pour regarder en face cette personne et lui parler ouvertement ? Pourrais-je être suffisamment réceptive et intuitive pour comprendre ce qui était attendu de moi ? Telles étaient les questions qui se bousculaient dans ma tête, mélangées à des sentiments d’excitation, de joie et d’émerveillement.

Ce qui s’était produit le mercredi 21 janvier 1970, se reproduisit le dimanche 29 avril 1984 avec entre les deux, un écart de 14 ans (7x2 soit deux cycles de 7 ans). Si en 1970 le processus d’éveil avait stimulé un certain niveau de conscience sur les plans intérieurs, j’avais eu besoin encore d’une longue période pour assimiler ce qui s’était passé sur ces plans-là. Aussi, la seconde période qui débuta le dimanche 29 avril 1984 était sur le point de se dérouler devant moi à Athènes ; ce fut l’actualisation de ce qui s’était passé sur les plans intérieurs quatorze ans plus tôt, mais je ne pouvais ni deviner, ni imaginer tout cela à ce moment-là. Ce n’est qu’aujourd’hui et rétrospectivement que je comprends sa signification et son importance.

Après avoir, tous les cinq (Raymond, son épouse, les deux amis Grecs et moi-même), visités un certain nombre de sites touristiques et de temples importants dans un parcours de la Grèce étalé sur une période de quelques jours, le dernier jour, dans l’après midi du dimanche 29 Avril, en retournant à l’hôtel vers six heures du soir pour se reposer et juste avant de prendre congé du petit groupe, j’entendis Raymond se retourner pour dire aux jeunes amis grecs, que je vais appeler Harris et André, « A tout à l’heure, à la Plaka ».

Yvonne était fatiguée par le voyage et les visites, aussi s’excusa-t-elle, nous dit à tous « A demain ! » et se retira dans sa chambre. Quant à moi, ayant entendu ce que Raymond venait juste de dire à Harris et André, une sorte d’angoisse et de tourment pénétra mon coeur. Devrais-je lui demander si je pouvais les accompagner à la Plaka ? Ou bien serait-ce déplacé pour moi – une femme – de m‘inviter à me joindre à trois hommes pour une « sortie entre hommes » ! Peut-être allais-je déranger leurs plans... et être rejetée... devais-je prendre ce risque ? Oui et oui, je devais le faire et je sautillais avec enthousiasme, comme un petit enfant, et dis à Raymond : « Pensez-vous que je puisse me joindre à vous ce soir ? » Je n’oublierai jamais l’expression du visage de Raymond, il se retourna et d’une manière douce et amusée répondit : « mais, bien sûr Alice, on se retrouve dans le hall de l’hôtel à 20 heures ». Ce fut tout... je m’étais invitée moi-même à les suivre à la Plaka.




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