La
Plaka est le plus important lieu touristique d’Athènes
et en 1984 il y avait à l’entour bien plus de restaurants,
appelés « bouzouki » où se mêlaient
Grecs et touristes, que de boutiques de souvenirs. Les Grecs sont
des gens très sympathiques qui aiment vivre, chanter et danser
toute la nuit aux sons des guitares. Le vin, les assiettes cassées
et les rires tonitruants font partie de l’âme de la Plaka.
Aussi me joindre à un groupe de trois hommes était
une « première » pour moi, car à cette époque,
non seulement j’étais très timide mais par dessus
tout je détestais de telles ambiances…avec débauche
de décibels, cigarettes et sons de toute nature. L’atmosphère
n’était pas propice à de profondes réflexions
encore moins à l’écoute des sages paroles de
Raymond… Non ! Mon impression était que rien de
bien profond n’allait se produire. Nous allions simplement
sortir et nous faire plaisir, sentir battre le cœur de la Grèce
et pénétrer l’âme d’Athènes.
Je voudrais ajouter - pour ceux qui ne connaîtraient pas la
Plaka - qu’elle est située sous l’Acropole à la
hauteur du Parthénon, le Temple de la Déesse Athéna.
A 8 h moins 5, j’étais en bas des escaliers
dans le hall, très excitée – quoiqu’un
peu embarrassée – de m’être invitée
de cette manière. Raymond était déjà là en
compagnie d’Harris et d’Andréas ; attraper
un taxi ne fut pas une mince affaire…même à cette époque.
Après un petit moment, nous finîmes par en trouver
un devant notre hôtel et Harris donna au chauffeur en
Grec la destination … la Plaka.
Nous
descendîmes du taxi pour emprunter l’une
des rues principales de la Plaka … et alors qu’Andreas
et Harris discutaient du meilleur endroit où se restaurer… Raymond
- sourd à leurs propos - préparait autre chose.
Il marchait à sa façon, devant moi, mains derrière
le dos, regardant droit devant lui. Nos amis Grecs fermaient
la marche… Raymond commença à chanter
des mots inintelligibles… des mots incompréhensibles
mais très impressionnants et puissants… Il
les entonnait à haute voix… une voix vraiment
forte… personne n’entendit ni ne prêta
attention à ce qu’il faisait… mis à part
nous trois qui le suivions… et à un certain
endroit il s’arrêta – regardant fixement
la fenêtre d’une vieille maison – il se
retourna et me fixant dans les yeux il me dit : «Alice,
regardes bien, c’est ici que c’est passée
la rencontre...» J’étais bouleversée
et très mal à l’aise car je savais très
bien de quoi il parlait … Non, je dois me tromper … pensais-je … il
me montrait la fenêtre d’un vieil appartement
où il avait rencontré un jeune Rose-Croix Grec… La
description de ce rendez-vous secret a été publiée
dans « Les Maisons Secrètes de la Rose-Croix ».
Oui, bien sûr, je savais de quoi il parlait, mais je
ne pouvais pas croire que Raymond me ferait une telle révélation … qui étais-je
pour être mise dans la confidence … Harris et
Andréas n’en finissaient pas de discuter entre
eux du lieu de notre dîner et ils vivaient ensemble
dans un autre monde sans réaliser ce qui se passait
réellement.