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Athènes
 
Athenes, Avril 1984  1 2 3 4 5 (suivante)

Soudain - et surgie de nulle part - apparut sur notre droite, une petite cabane en terre peinte en blanc … une maison en terre vraiment très étrange … Raymond y entra le premier et aussitôt le propriétaire de cette humble et pauvre taverne – la mine préoccupée – vint dire à Harris « Dites à votre ami étranger que ce n’est pas un endroit pour lui et que les bons restaurants sont là-bas … à la Plaka … ici seuls les pauvres, vivant dans les rochers autour de l’Acropole, fréquentent cet endroit ». Raymond pria Harris de lui répondre qu’au contraire c’était exactement l’endroit idéal où il voulait être. Maintenant, il me faut décrire l’intérieur de cette humble demeure. Je n’oublierai jamais ce que j’ai vu cette nuit-là. Nous étions entrés dans une pièce simple, contenant quelques bancs et quelques tables … pas de fenêtres… pas de chaises… pas d’électricité… mais assez de lampes à huile pour nous permettre de distinguer un environnement très inconfortable, avec des gens étranges assis autour de tables sales. Mais l’aspect étrange et choquant à la fois de tout cela était les peintures ou fresques murales disposées à l’entour de cette humble place. Cette taverne, vraiment petite, était décorée de fresques naïves représentant des personnages éméchés, la bouteille à la main, le nez rouge, des alcooliques en train de vomir, des chiens « arrosant » des lampadaires … en d’autres termes, des scènes vraiment dérangeantes … réellement comment pouvions-nous nous asseoir ici et manger ! Mais ma stupéfaction n’avait rien de désagréable, car j’étais consciente qu’il ne s’agissait pas d’un dîner ordinaire et j’avais confiance dans le choix de Raymond, aussi qui étais-je pour me plaindre … Là, j’étais en compagnie de mon Maître, celui que j’avais rencontré dans des circonstances si étranges pendant une initiation dans l’un des plans intérieurs, aussi comment pourrais-je mettre en doute son intuition et son jugement … C’était une expérience réelle… une que j’étais sur le point de découvrir sur ce plan physique…

Aussi, mon attention se focalisait de plus en plus sur ce que j’observais et j’étais prête à partager mon dîner avec les personnages ivres, grossiers et vulgaires qui me regardaient des murs de cette vieille taverne grecque remplie de gens obscènes et qui sait quelle engeance encore… Etrangement, je me sentais complètement chez moi certainement du fait de la présence de Raymond … S’il souhaitait manger à cet endroit, je croyais en son jugement et c’était bien pour moi… mais… Raymond ne s’arrêta pas là … il tourna à l’angle de la toute petite pièce pour se faufiler à travers un passage sur sa droite … le propriétaire de la taverne revint surpris pour dire en Grec à Harris que si nous voulions nous asseoir dans la petite salle adjacente – qui était son petit coin et sa table personnelle – nous étions les bienvenus… Raymond fut satisfait et enfin nous nous assîmes sur les deux bancs se faisant face… Harris et Andréas n’avaient plus qu’à « rendre les armes » … Ils étaient trop affamés et probablement ne voulaient pas offenser Raymond qui – après tout – était leur invité d’honneur.

Ainsi, nous avons eu droit à nos « mezze » (salades grecques et différents plats préparés) et - tout en mangeant - nos deux amis Grecs s’étaient mis à poser de nombreuses questions intéressantes sur les Mystères Grecs, les philosophes Grecs du passé, des sujets ésotériques et mystiques de toute sorte, et je faisais de même buvant jusqu’à plus soif les propos de Raymond… cette conversation alla bon train pendant deux heures quand soudain et sans crier gare … l’expression du visage de Raymond et son corps commencèrent à se transformer … il paraissait avoir grandi et posséder un pouvoir divin, un pouvoir et une aura extraordinaire l’enveloppèrent … Son apparence devint si impressionnante que pendant un moment, nous avons tous les trois retenu notre souffle … restant sans voix … quelque chose s’était déroulé soudainement, un mystère se dévoilait dont nous étions les observateurs silencieux … Raymond s’était métamorphosé en face de nous et il se mit à rire fort d’une manière inquiétante … qui secouait et taillait une brèche profonde dans notre conscience … une partie inconsciente et endormie de nous-mêmes fut réveillée avec force … cela fit éclater notre indolence et je fus électrisée … Andréas se mit à sangloter comme un enfant et Harris était choqué et quasi paralysé … je peux en parler car ils étaient juste assis en face de moi… Quant à moi, j’étais gaie et remplie de joie … Pourquoi … ? Sans raison apparente … mais quelque chose en moi ressentait une étrange sorte de libération … une libération d’un certain type … comme un « Sésame ouvre-toi ! »

C’est ce qui arriva … et alors quelque chose d’extraordinaire eut lieu … Raymond parla d’une voix forte et explosive :

Alice
Le mage – le Hiérophante

« JE SUIS LE SEUL et UNIQUE ETRE VIVANT ICI – VOUS ETES ENCORE TOUS MORTS »
A ce moment précis, je levais la tête en observant le mur derrière mes deux amis Grecs. Une fresque – que je n’avais pas remarquée précédemment – était peinte sur le mur d’en face … pourquoi n’avais-je pas vu cette fresque auparavant ? Je l ‘ignore… mais ma tête tournée vers la droite - où était assis Raymond, à mes côtés - pouvait en être la raison … Bon … la fresque était manifestement l’oeuvre d’ un autre artiste … c’était une scène très joliment peinte représentant un berger assis sous un olivier et jouant de la flûte de Pan… il paraissait attendre … et surveiller trois jeunes agneaux… qui dormaient l’un à côté de l’autre … et entourant toute la scène était dressée une barrière… pour les protéger… Je compris immédiatement le message… la « coïncidence », la synchronicité et la « magie » de ce qui s’était passé… J’étais comblée de joie par ce que j’avais observé. Raymond était bien sûr mon guide, le Maître sur le point de m‘aider à m’éveiller sur ce plan… A notre retour à l’hôtel, nous dûmes nous séparer de nos amis Grecs, car ils devaient rentrer chez eux et nous à notre hôtel. Une fois seuls dans le taxi, je racontais à Raymond mes découvertes et mon excitation face à ce que j’avais vu et ressenti… Il sourit et me répondit quelque chose de personnel… mais ce qu’il m’a dit a transformé ma vie toute entière.

Deux mois plus tard, j’étais à Londres, et comme conséquence de cette histoire incroyable mais vraie et de cette rencontre, j‘y restais pendant trois ans et demi, pour étudier la psychosynthèse … (elle-même basée sur la psychologie spirituelle) et pendant un certain temps j’eus à laisser de côté mes études spirituelles et apprendre à me « tourner » dans une autre direction pour ouvrir ma vulnérabilité et mon cœur au monde dans lequel je devais vivre et RENAÎTRE à LA VIE. Ce fut un processus douloureux mais j’avais à le traverser… et l’ayant fait, je n’eus absolument aucun regret…

Le 17 mars 1999, Raymond me demanda de retourner à Athènes avec trois amis Chypriotes en qui j’avais confiance, j’ignorais ce qui allait se passer sauf que nous devions aller à Eleusis.




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