Psychosynthèse  1 2 3 (suivante)

Je vais à nouveau faire une rétrospective sur mon retour d’Athènes à Nicosie. Nul doute que vous puissiez mieux comprendre à quel point l’expérience que j’avais vécue avait été importante pour moi ce dimanche 29 avril 1984. Cela m’avait aidée à combler un vide énergétique et à me donner un incroyable élan d’enthousiasme, surtout après être devenue consciente de cette douce Présence vivante en mon cœur. En fait, plus tard, quand j’eus à vivre plus de trois ans à Londres, cette présence en mon être m’évita de « sombrer » dans le gouffre..

Chaque été j’avais l’occasion de passer deux à trois mois à Londres, aussi, comme tous les ans, j’arrivais à Londres en juin 1984 et rencontrai un très bon ami avec qui j’avais prévu de suivre un cours de psychosynthèse pendant trois semaines. C’était supposé être une « retraite » et un lieu de travaux pratiques pour ceux qui voulaient devenir consultants. Personnellement, je n’avais nullement l’intention de suivre un tel entraînement, surtout que je ne connaissais même pas la nature de la psychosynthèse… et que je passais le plus clair de mon temps à Chypre et non en Angleterre… En fait, mon seul centre d’intérêt en suivant ce cours était d’en apprendre davantage sur la psychologie spirituelle et sur le mode de fonctionnement des séminaires.

Alice

Mon premier contact avec les groupes fut plutôt négatif, ne comprenant pas la moitié de ce dont ils parlaient, et j’étais atterrée par le degré important de tension qui existait dans les groupes … De quoi était-il question ? De prendre conscience de ma douleur ? Qu’est ce que cela signifiait... Je n’avais pas de douleur et donc ne pouvais ressentir quoi que ce soit … J’étais douée pour la méditation et une personne créative … alors pourquoi retourner dans mon enfance et rechercher de la douleur … Pourquoi creuser dans mon subconscient ? Au début, tout me paraissait ridicule et parfois même désopilant. Je dus quitter le groupe à plusieurs reprises tant j’étais secouée de fous rires… J’avais toujours été en contact et guidée depuis mon enfance par mon Ame à travers les rêves et les projections astrales et mon bagage rosicrucien avait renforcé cette communion, aussi pourquoi me préoccuper de douleur … J’avais maîtrisé tout cela par une disciple mystique et spirituelle … Tels étaient les arguments et les excuses qui servaient à me protéger intérieurement. Je n’avais pas besoin d’être humiliée devant les autres. Bien sûr, ce cours fut un gros choc pour mon ego. Après tout, n’étais-je pas un représentant d’une organisation mystique bien connue et comment pouvais-je me mettre en difficulté de cette manière ! Tous ces arguments défensifs se bousculaient dans ma tête et ce fut l’une des périodes de deux semaines la plus stressante et pénible de ma vie. Je ne savais pas encore comment parler ouvertement de mes « blessures » secrètes et comment me les exposer car en elles est contenu le mystère de la Vie et de notre Humanité. J’avais encore peur du monde et plus particulièrement d’être en société. J’avais vécu dans ma « Tour d’Ivoire » depuis si longtemps et j’étais effrayée à l’idée de sauter de la Tour comme le jeune homme de la 16ème carte du Tarot appelée « La Tour ».

Alice

Mais heureusement, les choses se mirent à changer. Au cours de la dernière semaine, ce que nous avions vécu ensemble était pour la plupart d’entre nous une expérience très particulière. Elle avait éveillé une conscience nouvelle, nous donnant la capacité de plonger dans notre intériorité et de nous regarder en face sans peur. Cette semaine-là, je compris soudain que, même si au sein du groupe les participants avaient partagé leurs souffrances et leur douleur, quelque chose en moi s’était identifié avec chacun d’eux mais d’une manière différente... comme si la Présence que je ressentais en mon coeur était une part d’eux-mêmes et, dans le même temps, faisait tomber le masque révélant mes douleurs personnelles « enfouies » tout au fond de mon être... cet échange mystérieux d’énergie, entre chacun de nous, eut un résultat surprenant : un agréable sentiment de « libération » commença à nous envahir. Nous constations que plus nous partagions nos expériences en nous ouvrant les uns aux autres, plus nous devenions libres et légers. Nos étreintes et nos baisers nous rendaient plus forts ; nos cris et nos larmes nous purifiaient ; la conséquence de ce que nous vivions fut l’effusion d’une énergie régénératrice qui nous entoura d’un halo de bonté... Notre être se sentait comme libéré de nos souffrances et de nos souvenirs douloureux. Personnellement, je compris que la finalité, et la raison première de cette retraite, était de nous ouvrir pour laisser l’Ame répondre à notre appel à l’aide. Je ressentais le besoin d’orienter différemment ma vie, depuis qu’une dynamique de changement s’était mise à l’oeuvre, en moi, à Athènes ; ici et maintenant, elle était réactivée et revitalisée, comme pour me préparer à quelque chose... Comment aurais-je pu l’arrêter ? C’était impossible. Je devais rester en Angleterre...





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