Psychosynthèse  1 2 3 (suivante)

Aussi, de retour à mon appartement londonien, j’appelai aussitôt mon mari à Chypre et l’informai de ma décision... Je voulais rester à Londres pour me spécialiser en psychosynthèse... Il n’y avait pas d’autre alternative, je viendrai lui rendre visite pendant les vacances, et il pourrait en faire de même. Mon fils avait grandi, il était maintenant un jeune homme, aussi je me sentais libre de rester à Londres trois années et demi de plus pour entreprendre ce cours. Parfois, quand je regarde en arrière, revoyant les souvenirs de ces années et toutes les expériences à travers lesquelles j’avais dû passer y compris durant cet apprentissage, j’étais étonnée du courage et de la détermination dont j’ai dû faire preuve pour tout affronter... car je vécus alors dans une ambiance dure et suffocante ; malgré cela, tandis que j’assistai au cours, je savais que je devais surmonter mes propres faiblesses et mes complexes cachés... Effectivement, des épreuves douloureuses remontèrent du plus profond de mon subconscient, mais elles étaient l’annonce de la fin des illusions qui semblaient me protéger et de celles de mes peurs ; elles étaient aussi l’annonce de la fin de mes propres limitations et de mes préjugés. Je voulais briser et m’échapper du cocon de ma chrysalide protectrice. « RENAÎTRE à LA VIE »... Ainsi, je savais que je devais tomber le masque pour devenir pure, comme s’il s’agissait de couper le cordon ombilical de mon passé ; oui, je devais renaître à nouveau à la vie et retrouver les beaux jours de mon enfance quand tout me semblait naturel et beau.

Pendant les trois ans et demi où je suivais le cours de psychosynthèse, un certain niveau de guérison psychique fut atteint et de nouveaux rapports se créèrent entre les membres, ce qui nous donna plus de force. Les peurs et les tensions étaient plus fortes qu’à l’accoutumée entre les participants aux groupes de travail, car nous devions apprendre à devenir plus transparents les uns envers les autres... et à rejeter les couches de protection et les masques de nos « personnalités » sous-jacentes. Devenir transparent était facile à dire... mais pouvions-nous vraiment affronter notre propre vulnérabilité et notre propre vide face au miroir de la vérité ? Que représentait la vérité pour moi ? Tout un monde s’écroulait en moi et autour de moi... Je savais que la dynamique que Raymond avait éveillée en moi était entrée dans une nouvelle phase... Ma foi en lui et en ce qu’il faisait pour moi sur le plan mystique était restée intacte. Ma détermination dans la poursuite de mes idéaux était irrévocable et ma foi dans cette dynamique totale. Mais, j’eus à surmonter de fortes tensions et à connaître des moments difficiles comme si le moment était venu pour moi d’examiner mes propres blessures afin d’être capable de m’ouvrir à celles des autres et de les intégrer…

Alice

Mais mes rêves n’étaient pas encore accomplis ! Sans entrer dans les détails de mon cours de psychosynthèse, ce qui serait hors de propos ici, je voudrais quand même souligner que ce fut un cours intensif et très efficace car nous restions focalisés sur nos propres idéaux, qui nous servaient de repères. Je voudrais juste dire que j’ai dû apprendre à côtoyer les douleurs de mon enfance, mes peurs cachées et les façons dont je fus souvent négligée et peu considérée par mes parents et mes professeurs... et le retour à la surface de ces sentiments ouvrit en moi une brèche profonde. Je ne pouvais pas m’arrêter en cours de route, et il était hors de question d’interrompre cette dynamique maintenant... Mes yeux et ma conscience s’étaient soudain ouverts et je me voyais telle que j’étais face au miroir de mon propre subconscient, comme si c’était la première fois. A Athènes, Raymond avait invisiblement coupé « le cordon ombilical », me libérant de mon statut de « néophyte » ; ainsi, mon intuition accédait un niveau supérieur et je devenais un véritable SERVITEUR... Je dus apprendre à ouvrir mon coeur, à « déverrouiller » les portes et à faire tomber les « masques » derrière lesquels s’abritaient mes peurs et ma vulnérabilité. Je devais me jeter à l’eau et plonger la tête la première dans les méandres complexes et les vagues de ma psyché... Un quelconque élément pouvait-il me venir en aide ? Y avait-il beaucoup à lâcher et à abandonner ? Avais-je perdu 16 ans de ma vie à étudier la spiritualité et l’ésotérisme ? Non ! pas du tout... je savais que, et cela était une chance, grâce aux expériences mystiques vécues pendant mon enfance et à mes études rosicruciennes, j’avais progressé, mais j’étais toujours « en-dehors » de ce monde ; ce cours de psychosynthèse concernait mon « retour au monde » et représentait pour moi les fonts baptismaux annonçant ma renaissance... Je dois ajouter que je dû garder pour moi mes connaissances mystiques et les expériences de mon enfance... ne pouvant pas en parler en toute transparence, car elles étaient en dehors du contexte de ce cours et n’auraient pas été du goût des organisateurs... Aussi, il était évident qu’évoluer dans une telle ambiance psychologique, aurait pu changer ou modifier les objectifs et idéaux qui étaient les miens. Pendant ces trois années et demi, j’ai été tournée en ridicule et on se moquait de moi; parfois, j’ai été agressée verbalement, mais même si tout cela me faisait très mal, ma détermination restait intacte.



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