La voie du milieu 1 2 3 (suivante)

Pendant, mon séjour à Paris en Novembre 1984, un ami qui connaissait Raymond Bernard par ses livres m’informa que Raymond et sa femme avaient déménagé en Afrique. Aussi, il ne me vint jamais à l’esprit de lui écrire ou de trouver un moyen de le contacter, puisqu’il ne vivait plus à Paris. Mais, le sort en décida autrement ! Et d’une manière assez étrange, nous nous retrouvâmes un soir, lors d’un concert. Un ami m’avait invité à ce concert. Pendant l’entracte, un Français élégant s’approcha de moi et de mon ami et m’appela par mon nom ; il me regardait en souriant. Il se présenta et me demanda si je pouvais l’accompagner hors de la salle, en rajoutant : « Quelqu’un que vous connaissez bien aimerait vous faire une surprise, il veut vous voir, aussi vous prierais-je de bien vouloir me suivre ; il attend dans un petit bureau, là-bas, à deux pas d’ici, dans la partie administrative de la salle de concert ».

Je restai interloquée ne sachant comment réagir, mais comme il connaissait mon nom et qu’il s’agissait d’une « surprise », je le suivis, demandant à mon ami de m’attendre. La personne distinguée, que je n’avais jamais vue auparavant, me conduisit par quelques passages étroits jusqu’à un petit bureau. Quand la porte s’ouvrit... Quelle surprise et quel cri de joie ! C’était lui... Raymond Bernard assis derrière un bureau, les yeux rayonnant d’affection. « Je vous ai fait une surprise, n’est-ce-pas ? »... dit-il. Apparemment, il m’avait repérée parmi les spectateurs installés dans la salle de concert et avait demandé à son ami de me venir me chercher à l’entracte. Naturellement, je frissonnais de joie de le revoir et très émue, je lui décrivis toutes mes aventures depuis mon cours. Je lui racontais ce qui s’était passé dans ma démarche personnelle depuis notre étrange rencontre à Athènes, six mois plus tôt. Je lui dis aussi que je vivais à Londres, que j’avais l’intention d’entreprendre un cours de trois années en psychosynthèse. Raymond m’écoutait attentivement mais restait étrangement silencieux. Comprenait-il ce que j’étais en train de lui raconter ? Etait-il au courant de tout ce qui concernait mon cours ? Je n’en étais pas sûre car il ne fit aucun commentaire à ce sujet.

Au cours des deux années suivantes, je n’eus aucun contact avec Raymond Bernard. Je savais seulement que j’étais, à Londres, dans un monde complètement différent, ma vie avait changé et mes expériences hallucinantes d’Athènes restaient gravées dans mon coeur mais elles appartenaient néanmoins au passé. Mon objectif maintenant, était simplement d’accomplir mes trois années d’étude en poursuivant ma propre voie vers l’harmonisation des deux pôles extrêmes à l’intérieur de mon être. Aussi, après cette brève rencontre à Paris, Raymond faisait partie de mon passé. C’est pourquoi, quand, au cours des deux années qui suivirent, je dus me rendre à Paris, je n’avais aucun désir particulier de le voir ou de l’appeler car je pensais qu’il résidait toujours en Afrique.

Alice

Cependant, Raymond avait l’habitude d’apparaître régulièrement dans mes expériences intérieures précises et qui n’étaient pas des rêves. Il avait l’habitude de réveiller ma conscience d’une manière subtile et douce... et me dirigeait vers quelque chose... pourquoi faisait-il cela ? et où me conduisait-il ? Toutes ces expériences intérieures m’enchantaient et me rendaient perplexe, tout à la fois ; je sentais que quelque chose « travaillait » en moi mais dans quel but ? Aussi, quelles étaient ces expériences ? Raymond me préparait-il vraiment pour quelque chose à venir ? Etait-ce la prochaine étape après notre incroyable rencontre d’Athènes ? Peut-être mon cours de psychosynthèse faisait-il partie intégrante de mon « entraînement intérieur ». Devais-je passer par là avant de faire le pas suivant ? J’avais besoin d’abord de me purifier pour comprendre les traits négatifs de ma personnalité. En 1987, je passais mes épreuves de troisième année en psychosynthèse et dû attendre six mois de plus pour me lancer et trouver mes propres « clients » à conseiller. Cela faisait partie du cours et pendant ce temps j’avais décidé de retourner à Chypre et de travailler de là-bas. A Nicosie, un certain nombre de personnes commençait volontiers à venir assister à des séances privées ; je commençais à donner des séminaires à Nicosie, Limassol et Paphos ; ainsi, pour moi, tout se passait comme prévu. Mais, pour cela, je devais encore me rendre tous les deux mois à Londres.

Ma popularité grandit dans un certain cercle et mon travail se développait dans l’île avec la participation d’environ une centaine de membres. Chypre est une petite île et le succès fut énorme. J’étais fière d’avoir atteint l’objectif que je m’étais fixé. Mon ego éclatait de joie, et j’appréciais la gloire et l’importance que me donnait mon travail. Mais ma petite voie intérieure n’était pas contente... quelque chose faisait défaut, je n’étais pas en paix, il y avait là une sorte de prétention, je ne me sentais pas en sécurité, je voulais plaire à tout le monde et être célèbre ; cette routine fatigante continua deux autres années, jusqu’en décembre 1989.



La voie du milieu 1 2 3 (suivante)

HAUT DE PAGe
Coupe
 
retour au portail