Janivier 1977 - page 5
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Peinture de John de Marco
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Quoi qu'il en soit de ces considérations particulières
dont l'intention a été surtout de souligner les contradictions
de notre temps et l'inadaptation, aux besoins de ce temps, de solutions
greffées sur des idéologies surannées, si l'on
accepte les théories de l'antique « Chronique de l'Avenir »,
on peut dire que, désormais, tous les pions sont en place.
L'humanité n'ayant pas évolué à la cadence
des temps et s'étant préoccupée presque exclusivement,
ou de préférence, de se développer matériellement,
ce qui aurait pu être une étape de transition vers un âge
nouveau semble bien devoir revêtir le tragique aspect d'un
drame universel. H est clair, en effet, que chaque £ âge » cyclique
n'étant qu'un cadre d'action et d'évolution, une humanité plus
clairvoyante aurait pu se" servir de celui qui est le nôtre,
comme d'un trajet difficile vers une aube nouvelle. Connaissant les
dangers, elle aurait pu les éviter et surmonter la plupart
des obstacles. Elie ne l'a pas fait, elle a <<subi>> le
cycle et, progressivement, par élimination, les éléments
de son propre jugement se sont rassemblés. Autrement dit,
les forces antagonistes- se sont cristallisées, et le monde
est dans l'attente... Sous l'aspect de puissances idéologiques
contraires, ce sont, en fait, les conditions nécessaires à Faction
karmique qui sont réunies. Examinons donc brièvement
l'état actuel du monde, non du point de vue politique, ma^ré les
apparences, mais à même le bonheur est une leçon
qui doit être assimilée correctement, sous1 peine de
provoquer son •contraire. En outre, le karma revêt de
multiples aspects, et il peut être, notamment, individuel,
familial, national ou mondial, chacun de ces aspects étant,
pour ainsi dire, en « harmonie » avec les autres. C'est
.ainsi que le karma d'un individu s'insère étroitement
dans celui de sa famille, celui de sa nation et, en ultime analyse,
du monde dans lequel il vit. Mais comme, en toutes choses, il faut
en revenir au principe suprême de l'Unité et se souvenir
que tout est en Tout, l'abstraction reste la dé supérieure
de l'ensemble des manifestations du créé. Par conséquent,
si nous nous élevons du domaine temporel du karma jusqu'à la
source intemporelle de la pensée, nous avons, alors, une possibilité d'intervenir
dans le déroulement de faite karmiques et, plus particulièrement,
dans l'accomplissement du karma de cette fin de cycle. Il est évident
que, si cela peut se faire, c'est uniquement en opérant au
niveau spirituel de façon que l'humanité en vienne à prendre
conscience des circonstances où elle est plongée et
des portables que celles-ci impliquent. Il n'y a pas d'autre moyen
pour que soient ramenées à un stade supportable les épreuves
du karma accumulé. Encore est-il a ne pas oublier qu'il n'est
pas, a cet égard, question seulement de savoir ce qui est
karmiquement prévu, mais qu'il faut surtout le sentir intensément,
et tout le problème est là, car une telle prise de
conscience collective est, à première vue, difficilement
réalisable.
Mais il faut se souvenir aussi que l'homme n'est pas un élément
isolé dans l’infini du visible et de l'invisible. Ce qu'il
entreprend pour son bien et celui de ses semblables peut donc l'être
avec confiance et, par-dessus tout, bien qu'il soit seul responsable
des conditions adverses qu'il rencontre, il ne doit jamais douter que
son Créateur est, en essence, bonté et miséricorde,
de sorte que, s'il s'aide lui-même, il sera aidé aussi
par le Ciel. En définitive, il importe donc peu de se préoccuper
de la manière dont se manifestera le karma du monde, du moment
où cette manifestation aura lieu, et encore moins de son pourquoi.
On ne philosophe pas devant un malade ; on s'efforce de le traiter.
L'initiation serait vaine et son but faussé, si elle ne devait
servir qu'à la gloriole de quelques individus. Elle n'a de valeur
que dans le service accompli dans l'humilité et le secret. Le
véritable initié laisse les sceptiques à leur
doute, les « intellectuels » à leurs sophismes,
et les contradicteurs de métier ou de tempérament aux
propres contradictions de leur incessante agitation mentale. Lui-même
a traversé ces utiles étapes du sentier mystique, mais,
parvenu au degré sublime du silence, il sait que, pour lui,
l'heure est au service et à l'action. Se souvenant du postulat
si simple : « Tout ce qui est en bas est comme ce qui est en
haut », qu'il comprend dans toute sa perfection, parce qu'il
le vit en lui-même, sachant que les conditions du visible sont
l'exacte réplique des vibrations de l'invisible, pour tenter
d'aider l'humanité guettée par le danger, il comprend
qu'il doit diriger son attention et ses efforts directement vers et
sur l'aura du monde.