Janvier 1977 - page 7
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Peinture de John de Marco
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La fin de l'âge noir ou âge
des conflits se présente ainsi dans toute sa tragique simplicité ;
trois pays aux armements prodigieux dont l'idéologie est
seulement un moyen d'attirer, dans leur orbe d'influence, les autres
peuples. Il est donc évident que. si une catastrophe finale
devait, comme l'affirme la <<Chronique de l'Avenir »,
mettre un terme à L'humanité présente, outre
le phénomène géologique prévu, le «
règlement » s’opérerait aussi à partir
des trois pions mis en place par le jeu du karma individuel, national
et mondial. L'expérience du passé permet, de surcroît,
de comprendre que le « détonateur » ne serait
pas un acte immédiat et direct de l'un des trois courants.
Il se situerait très probablement dans une zone où la
rivalité s'exerce obscurément, quoique puissamment,
et tout conduit à penser qu'il s'agirait du Moyen-Orient où les
intérêts sont multiples et où une lutte sourde
est déjà engagée avec des fortunes diverses,
mais plus ou moins secrètement. L'éclat, alors, se
produirait entre l'Est et l'Ouest. l'Asie représentée
par la Chine n'intervenant qu'au moment où les deux adversaires
se seraient épuisés dans un combat où ni l'un
ni l'autre ne l'aurait définitivement emporté. Mais,
logiquement, pour que l'âge nouveau s'instaure, le troisième
et dernier courant ne pourrait l'emporter. Dès lors, un sursaut
regroupant l'humanité restante conduite, enfin, par des dirigeants
basant leur action sur des valeurs authentiques et nouvelles, permettrait
de vaincre et de rejeter le dernier résidu d'un âge
passé qui se serait achevé dans l'horreur.
Tel est brièvement esquissé, ce qu'une analyse mystique
des conditions de notre temps permet de comprendre, en ce qui concerne
le karma que l'humanité actuelle doit affronter. J'aurais
pu être infiniment plus précis, maïs des pages,
alors, auraient été nécessaires pour approfondir
certains aspects du drame. J'aurai sans doute l'occasion d'y revenir
dans d'autres lettres. Mon but, aujourd'hui, est surtout d'attirer
votre attention sur une situation donnée, à partir
de laquelle tout le jeu d'un cycle final doit, en principe, se dérouler.
En cela, il ne s'agit, en aucune façon, de prophétie.
Il s'agit de constatations et d'observations logiques et, naturellement
sur ces bases, toutes les conclusions sont possibles. Ce qu'il importe
de savoir, en des matières de ce genre, ce n'est pas le « comment »,
mais le « pourquoi » et ce pourquoi peut être aisément
pressenti a travers Les explications qui ont été données
ici. Tout autre développement ne serait que spéculations
irréalistes et dépasserait mon propos. J'ai dû,
parce que le sujet m'y contraignait, me référer aux
idéologies de notre époque, mais je n'ai pas pour autant,
fait acte politique. Il était, cependant, inévitable
que j'exprime une opinion sur ces idéologies, et je l'ai fait
d'un point de vue très large, sans prendre aucunement parti,
en regrettant implicitement que des personnalités responsables
n'aient pas eu l'inspiration d'élaborer une plateforme d'idées
entièrement nouvelles répondant aux besoins de l’humanité présente, à ce
stade de son évolution. Mais les choses sont ce qu'elles sont,
ou, plus exactement, ce qu'elles doivent être dans le cycle
universel de la création. Il est à noter, pour plus
de simplification encore, que le fondement des idéologies
actuelles s'est cristallisé, d'une manière plus aiguë que
jamais, sur deux mobiles qui ont animé tout l'âge noir
: l'intérêt, celui de l’individu du groupe ou
du parti, et l'arpent, l'un et l'autre visant un troisième
point ou élément : le pouvoir dont l'homme, hélas,
a toujours été assoiffé. Ces deux éléments
feront, plus tard, l'objet d'une autre lettre.
Par définition, le karma, ou loi de compensation, est une
leçon à apprendre. Le karma peut être positif
ou négatif, selon la pensée ou l'acte qui l'a engendré,
et l'on comprend ainsi que à l’ancienne par une simple
transition, même si celle-ci est quelque peu agitée.
J'en suis d'autant plus convaincu que je partage la certitude de
ceux pour qui une épreuve n'est jamais imposée sans
qu'elle soit accompagnée de la force permettant de la surmonter
et des moyens de la vaincre. Mais, il est évident que, si
un tel espoir est permis dans les circonstances extrêmes
de cet âge final des conflits, il ne peut se réaliser
que par l'effort humain. L'extraordinaire bouillonnement des idées
dont nous sommes témoins, l'aspiration confuse vers la spiritualité,
qui s'exprime de mille manières et fait naître parfois
des mouvements ou des groupements sans valeur ni efficacité quoique
de bonne volonté. L'essor prodigieux des Ordres initiatiques
authentiques, dont celui, remarquable et remarqué, de l'Ordre
rosicrucien A.M.O.R.C, et même la lutte ou L'opposition sournoise
ou fanatique dont ces efforts font l'objet, tout cela démontre
que l'humanité n'est pas abandonnée à elle-même
et que tous les secours possibles lui sont prodigués, de
sorte qu'en définitive, c'est à elle que revient
le choix et c'est elle qui reste maîtresse de son avenir.
Pourtant, parmi elle, c'est comme toujours à une minorité,
celle qui a été préparée et s'est préparée
elle-même, qu'incombent la responsabilité et les efforts
essentiels, et cette minorité est faite d'initiés,
de mystiques et de tous ceux qui avancent dans une voie de connaissance
et de perfectionnement de soi-même. Le devoir, pour eux,
est donc, dans leur démarche et leur formation, de mettre
l'accent sur le service, même si, et ce n'est qu'apparence,
leur évolution
individuelle semble devoir être reléguée au
second plan.