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Janvier 1977 - page 8

La situation présente et celle qui est envisagée pour un avenir plus ou moins proche ne doivent donc pas être craintes ni conduire à une résignation attentiste. Elles doivent être constatées, ne serait-ce que comme éventualité, et susciter la volonté d'agir et d'aider spirituellement. Certes, depuis toujours, un travail constructif et efficace est déjà accompli dans ce sens par les très nombreux organismes subordonnés de L'Ordre rosicrucien A.M.O.R.C. aussi bien que par les rosicruciens individuellement. Le rituel régulier de convocation des loges et chapitres prévoit deux périodes de méditation, l'une au cours de laquelle des pensées positives sont « irradiées » par chacun des participants, « non pas vers quelqu'un en particulier », mais sur toute la surface de la terre, et l'autre pour diriger des vibrations vers les dirigeants du monde entier. D'un autre côté, chez lui, pendant son étude personnelle, le rosicrucien agit de même, qu’il en ait pleinement conscience ou non. Enfin, le seul fait d'être engagé avec sincérité sur une voie de lumière renforce l'aspect positif de l'environnement humain. Cependant, dans une période critique, tout cela ne suffit plus et une action concertée est impérative. C'est pourquoi, à ceux qui ont conscience que le monde traverse une étape décisive et qui comprennent la puissance vibratoire de la pensée, il appartient de coopérer à ce qui est également entrepris de plus haut. Ce service désintéressé rendu à une cause immense nécessite effort et persévérance, mais il est simple et exige peu de temps. Il consiste, une ou deux fois par jour, à quelque moment que ce soit à « entrer dans le silence », c'est-à-dire dans une brève méditation qui peut durer plusieurs minutes ou seulement deux ou trois secondes, et à diriger vers l'aura du monde, à irradier hors de soi, tout, autour de la terre, des pensées positives. La visualisation, en cela, est efficace. La terre peut être imaginée comme une sphère dans l'espace, entourée d'un halo sombre; une respiration profonde est alors effectuée, avec l'idée qu'en inspirant, l'énergie positive du Cosmique est attirée en soi, et qu'au moment où l'on exhale, cette même énergie s'élève vers l'aura du monde qu'elle aide à purifier et que l'on doit donc « voir », à ce moment-là, plus claire et plus brillante. Cette période de travail se termine en diffusant sur toute la terre des pensées d'amour, de réconfort et de paix. Par ailleurs, si, à quelque moment, survient un événement tragique en un point quelconque du monde, aussitôt, où que l'on soit, la réaction immédiate doit être, non pas d'adopter une attitude désolée et impuissante, mais d'irradier vers ce lieu des vibrations positives et de procéder ensuite, dès que cela sera possible, à une méditation qui s'ajoutera à celle expliquée ci-dessus, qui doit être une pratique quotidienne. Enfin, tous les efforts voulus doivent être déployés pour que chacun de nous soit un véritable instrument de paix, et, pour y parvenir, la règle fondamentale à observer est : « Ne jugez pas ». Vouloir participer à une œuvre d'amour au service des autres, à une action qui implique l'impersonnalité et, en même temps, juger autrui ou émettre, aussi habilement que ce puisse être, des critiques malveillantes, ce serait naturellement se rendre coupable de la pire forme d'hypocrisie et, dans un temps aussi essentiel que le nôtre, nul ne s'étonnera que, brusquement, « comme un voleur », le moment de la punition surgisse pour sanctionner une attitude aussi vile et contradictoire. Mais si j'ai dû, pour être complet, souligner ce point, je sais aussi qu'il ne peut concerner ceux qui, engagés sur le sentier rosicrucien, ont choisi, de ce fait, de s'améliorer et d'avancer vers la maîtrise de la vie, en se maîtrisant d'abord eux-mêmes.

L'Ordre rosicrucien A.M.O.R.C. remplit sa grande mission au service de l'humanité et, autant que jamais, pour maintenir son efficacité séculaire, il veille à l'intégrité et à la pureté de son enseignement et de ses activités, intervenant avec sévérité et vigueur si quelque tentative était faite pour injecter en lui ce qui ne correspond pas à sa nature propre et n'a pas été admis, de manière publique et explicite, par ses instances- suprêmes, comme s'intégrant dans le programme de caractère sacré qu'il a élaboré. La responsabilité de quiconque est investi d'une charge quelconque est, a cet égard, importante et grave, car c'est l'efficacité même de la formation dispensée qui est en jeu. Cette même responsabilité, dans les conditions de cet âge terminai, chaque rosicrucien l'assume également. La vigilance est nécessaire pour que les idéaux rosicruciens soient préservés et perpétués dans toute leur pureté et leur puissance. L'ego générateur d'orgueil et d'erreur est le danger. Le désintéressement, l’impersonnalité et l'humilité sont la règle et le devoir de tous les instants. Je traiterai un jour de cette question dans une <Lettre de nulle part>, car elle est fondamentalement dans l'œuvre de la tradition. J'y ai fait aujourd’hui une simple allusion, et je le devais, parce que, dans le contexte de ce temps, l'accent doit être mis sur l'impérative cohésion des forces du bien.

Mon souhait, chers amis est que vos réflexions portent sur le contenu de cette lettre, et s'en contentent. Des ouvrages et des articles paraissent tous les jours, qui se serrent de ce grand thème pour rechercher un succès de vente, en répondant au goût du public qui, confusément, appréhende la vérité. Il en résulte des œuvres d'imagination dont l'exagération ou l'erreur est manifeste à qui en sait davantage. De telles lectures sont vaines et elles pourraient être d'un effet négatif si les thèses exposées étaient acceptées sans réserve. Dans ce cas, en effet, d’une part, une forme de visualisation s'établirait qui serait contraire au principe de l'action et de la pensée positives et, d'autre part, sur le plan individuel, le résultat en serait la résignation, la crainte et l'inefficacité. La curiosité est une tendance à vouloir savoir à tout prix et, par conséquent, à accepter comme vrai n'importe quoi. Un mystique, s'il reste sans cesse avide de connaître, s'en tient aussi à la logique et au jugement de son bon sens, il serait, autrement, un simple rêveur et la proie de toutes les illusions. Dans un domaine comme celui dont il a été question dans cette lettre, il est préférable de s'en tenir aux grandes directions que le passé a pu désigner et que le présent peut confirmer ou faire pressentir. Les réalisations vers un but donné sont fonction d'une succession de circonstances diverses dont le <jeu> dépasse l'homme. Mais, au-delà de l'événement et de l'opportunité, la permanence demeure, et, à ce niveau, la coopération humaine est possible, souhaitable et souhaitée. Ce message, peut-être, vous l'aura fait comprendre, et s'il y est quelque peu parvenu, son but aura été atteint.
Dans la <Lettre de nulle part> du prochain trimestre, je vous entretiendrai d'un sujet différent qui, je l'espère, retiendra votre intérêt et stimulera également votre réflexion.
En attendant, chers amis, je reste à jamais, dams les liens de la fraternité rosicrucienne.
Très sincèrement vôtre,


Raymond Bernard

Publication intérieure et privée réservée aux seuls membres actifs et réguliers de l'Ordre rosicrucien A.M.O.R.C., Château d'Omonville. Le Tremblay, 27110 Le Neubourg. Le contenu de cette publication ne représente pa, cependant, la pensée officielle de l'Ordre rosicrucien AM.O.R..C., mais uniquemenî. celle de son auteur.
Raymond Bernard

 

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