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Avril 1978 - page 11

En tout cas, si j’ai jugé utile de vous communiquer les circonstances ci-dessus, c'est parce qu’il était de mon devoir de le faire. Vous auriez, de toute façon, entendu parler tôt ou tard de ces questions. Si tel est le cas, vous les connaîtrez déjà par cette « Lettre de Nulle Part », et vous saurez ainsi faire la part des choses. Dans ce domaine, il ne faut jamais juger, et savoir, ce n’est pas juger, mais comprendre... Considérons donc toujours avec respect toutes les manifestations de la vérité où qu’elles se trouvent et quelle qu’en soit l'expression. La vérité est une à jamais et les sentiers qui y conduisent resteront à jamais divers... Les ashrams innombrables de l’Inde sont un élément fondamental de la vie religieuse d'un peuple religieux. Ils ne pourraient pas ne pas exister dans ce pays avide de sagesse, de connaissance et de spiritualité. Tous ces ashrams sont respectables et même vénérables. Mais je doute qu’ils puissent apporter beaucoup à un Occidental de notre temps, du moins qu’ils puissent lui apporter quelque chose de plus que ce qui est à la disposition de tout chercheur de nos pays. Tout ce que l’Inde peut offrir en fait de connaissances, de formations ou de techniques, l’Occident le possède déjà sous d’autres noms et sous des symboles différents, mais cela ne signifie pas que l’Inde ne peut rien apporter à l'Occident. Elle a ses Écritures saintes datant de milliers d'années, et ses techniques authentiques et anciennes qui ont été depuis longtemps transmises à l'Occident. Cependant, ce que l’Inde peut apporter le plus à l’Occident, c'est son esprit profondément religieux, mystique et tolérant dont j’ai précédemment parlé longuement. Enfin, l'Hindou recherchera dans celui dont il sent qu’il a la connaissance, ce que celui-ci peut lui apporter et il ne se laissera pas tromper ni dominer par les apparences. Son gourou, son instructeur, son maître, il ne le sépare pas en deux êtres ou deux parties dont l’une serait la sagesse et l’autre l'humain. L’Hindou qui s’est choisi un gourou, reconnaîtra dans toutes les paroles et tous les gestes de son maître — y compris dans ce que notre mentalité occidentale limitée jugerait restrictif ou incompatible avec un état de sagesse — une leçon qu’il doit recueillir et la présence du divin. Cela nous est parfois difficile à comprendre, mais n’est-ce pas là la marque la plus évidente de la vénération et de l’amour ?

Je vous ai conseillé dans une « Lettre de Nulle Part » précédente, quelques ouvrages qui pourraient vous éclairer beaucoup, si la sagesse hindoue vous intéresse. Il en est un encore dont la lecture attentive et lente — car, au début, il peut paraître difficile — est un enchantement spirituel. C’est un ouvrage relié de près de 700 pages et son titre est « L'Hindouisme, textes et traditions sacrés » présentés par Anne-Marie Esnoul. Vous pouvez vous le procurer auprès des Éditions Rosicruciennes. Personnellement, j’ai trouvé dans ce livre, en tant que rosicrucien, une source d’inspiration et de méditation.

Dans la prochaine « Lettre de Nulle Part », je vous relaterai quelques rencontres intéressantes et je traiterai du Bouddhisme tibétain, à la lumière de ce que des contacts avec de vénérables lamas m’ont enseigné à Daramsala et à Gangtok, au Sikkim. J’espère que ces sujets vous intéresseront.

Mes chers amis, je suis heureux de ces rencontres périodiques avec vous, grâce à la « Lettres de Nulle Part » trimestrielle. Naturellement, le Grand Maître Christian Bernard aime à m’entretenir des progrès de l’Ordre Rosicrucien A.M.O.R.C. dans les pays de langues française et ces progrès me remplissent de satisfaction et de joie. Mais, comme ceci est son devoir mystique et humain, il assume sa charge avec une grande efficacité et dans toute sa plénitude. Dans le fait de son accession à sa très importante fonction l’an dernier, je mesure — et vous-mêmes l’avez sans doute fait — combien, dans notre Ordre tout est cosmiquement ordonné et établi. Cette accession s’expliquait par le poids de mes propres charges en tant que membre du bureau suprême. Elle est apparue, après coup, encore plus nécessaire et souhaitable en raison des difficultés de santé que j’ai dû affronter. Tout est donc parfaitement en ordre et vous avez pu déjà mesurer tout ce que votre Grand Maître apporte à votre juridiction et, par ses expériences, son aide et son travail personnels, à chacun de vous. J’apprécie cependant, la manière dont il me tient au courant de toutes les activités entreprises soit directement par lui-même, soit sur son impulsion...

Quant à la « Lettre de Nulle Part », elle reste ma contribution à notre Ordre dans les pays de langue française, mais vous savez le rôle qu’elle remplit et l’aide qu’elle apporte. Or, cette aide, je ne le dirai jamais assez, c’est vous, mes chers amis, qui la rendez possible par votre souscription et par l’encouragement que vous prodiguez à d’autres membres à y souscrire aussi.

D’un autre côté, votre Grand Maître m’a demandé avec insistance d’écrire un nouveau livre, et je lui ai promis. Je pense être en mesure d’en commencer la rédaction vers la fin de cette année. Formulant pour chacun d’entre vous mes vœux les plus fraternels.

Très sincèrement vôtre,
Raymond BERNARD

 

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