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Peinture de Francois Schlesser
Un rosicrucien en méditation dans son sanctum est-il ipso facto dans le sanctum céleste sans qu'il s'en rende compte objectivement ? Est-il à ce même niveau cosmique s'il est plongé dans l'étude attentive d'une monographie, que ce soit dans son sanctum ou ailleurs ? Je suis enclin à le croire et le récit qui Va suivre en soulignera les raisons. Une remarque pourtant s'impose : II est surprenant de constater chez certains disciples une tendance au scepticisme dès que sont mentionnés des faits et phénomènes dépassant le plan courant de la perception objective. Il est clair cependant que la vie mystique transcende le niveau de l'existence commune limitée aux seules impressions objectives et on s'attend à ce que le disciple, au moins, comprenne que l'homme se manifeste bien au-delà, même si son entendement mortel ne peut s'en rendre compte. En un temps où chacun se sait entouré de vibrations qui, pour être perçues ou vues, doivent être transformées à l'aide d'appareils dits "récepteurs", n'est-ce pas au contraire celui prétendant ne croire "que ce qu'il voit" qui devrait être considéré avec ahurissement, et compassion ? L'homme lui-même EST un récepteur. Du moins, il a, pour l'être, les facultés nécessaires et s'il n'apprend pas à les utiliser, la faute lui en incombe. Il reste en tout cas un être TOTAL, reflet de l'univers visible et Invisible avec lequel il reste CONSTAMMENT en résonance, en liaison. L'infini qu'il "connaît" ainsi peut à tout moment être "transformé" par lui et recueilli par son mental pour 6tre examiné, analysé, compris à l'aide d'analogies et à partir de ce qu'il sait déjà. Mais la plupart du temps, il laisse improductif, du point de vue de la compréhension, et de l'assimilation, ce qui est recueilli aux stades plus élevés de son être et il n'en profite que de façon passive, quelquefois instinctive - sans comprendre. Le disciple, par définition, se place dans la perspective d'une compréhension infinie. Comme base de départ, il reconnaît l'intégralité de son être et, cette intégralité, il entreprend dé là découvrir et de LA VIVRE.

Il est normal, cependant, que la relation d'expériences dépassant le cadre humain soulève le doute chez autrui. Des expériences de ce genre concernent celui gui les traverse. Elles ne sont pas "transmissibles" sous forme d'explications et d'autres ne peuvent les appréhender d'une manière identique. Là est sans doute la raison de l'injonction occulte : "Se taire !" sauf si l'expérience peut être éprouvée par tous d'après une technique à la portée de chacun, comme c'est le cas, par exemple, des contacts avec le sanctum céleste.

De toute façon, le fait que l'homme soit un être TOTAL et que le disciple entreprenne de le vérifier et de le VIVRE pour lui-même, implique la reconnaissance ó en attendant la "connaissance" - d'une existence elle aussi TOTALE, c'est-à-dire l'expression de "l'être" aux différents niveaux qui le constituent, depuis la manifestation physique jusqu'aux plans les plus subtils. La "transmission de pensée" et les "rêves", par exemple, que le profane tente d'expliquer par une démarche imparfaite à partir de constatations éparses, le disciple apprend à les situer dans le TOUT auquel il se rattache et dont il a entrepris la lente découverte, chaque "particularité" du monde sensible ou du domaime qui échappe à sa perception sensorielle s'inscrivant peu à peu à sa vraie place dans sa vision TOTALE de l'univers.

C'est pourquoi je n'hésite pas à prétendre qu'il est possible à une phase de notre être intégral de se trouver "ailleurs" sans que le corps, et par conséquent le mental, le perçoivent. Les possibilités subconscientes, 1'ordre rosicrucien AMORC l'enseigne, sont infinies et le subconscient agissant uniquement de façon déductive, si l'intention est "dirigée", "captée" dans une direction précise, le subconscient entraînera la totalité de l'être dans cette direction. Ce sera le cas notamment dans la méditation rosicrucienne et l'étude des monographies. Les sens physiques, on le sait, ne perçoivent qu'une portion infime du clavier vibratoire universel mais, par son être intérieur, l'homme reste en contact avec le clavier tout entier. Ainsi, même un bref raisonnement rend plausible la "présence" - même inconsciente - au plan du sanctum céleste de tout rosicrucien plongé dans son travail mystique au niveau humain.

 

 

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