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| Peinture
de Gilbert William |
J'ai éprouvé tout à l'heure l'impérieux
besoin de me recueillir dans mon sanctuaire privé de la cathédrale
de l'âme où je me trouve en ce moment. Une lettre reçue
ce matin d'un néophyte de l'ordre rosicrucien AMORC m'avait en
effet fort attristé. Il m'y faisait part d'une conversation qu'il
avait eue avec d'autres membres plus avancés en degrés
et il en avait conclu que.la recherche mystique devait, au premier chef,
viser à l'acquisition de ce qu'on appelle d'une manière
erronée pouvoirs psychiques.
Je suis souvent effrayé de la légèreté
avec laquelle ce sujet est abordé par des rosicruciens ayant
atteint, dans leur travail, un degré qui, théoriquement,
aurait dû les conduire à la plus grande prudence. A un
certain stade d'évolution, il est des propos et des attitudes
qui sont inadmissibles et c'est pourquoi on n'insistera jamais assez
sur le fait qu'un NUMERO D'AFFILIATION OU LE FAIT D'APPARTENIR A UN
HAUT DEGRE, DANS QUELQUE ORGANISATION QUE CE SOIT, NE SIGNIFIE A AUCUN
EGARD QUE L'EVOLUTION INTERIEURE CORRESPONDANTE AIT ETE REALISEE.
Il est des membres de degrés avancés qui, par leur faute,
leur manque de travail ou de pratique, leur doute destructeur et une
étude superficielle, n'en sont, sur le plan de l'évolution
REELLE qu'à une ébauche incertaine et rudimentaire,
tout comme il est des néophytes qui,potentiellement,.sont parvenus
à un haut stade mystique dont cependant ils devront reprendre
progressivement conscience en redécouvrant la connaissance
qu'ils ont en eux, grâce à la mise en pratique attentive
des enseignements rosicruciens. Chercher plus de lumière auprès
de quelqu'un supposé plus avancé est donc une ERREUR
qui peut être fatale'sur un Sentier qu'il faut gravir avec prudence
et dans l'IMPERSONNALITE. Accorder son admiration et au pire, sa confiance,
à qui est réputé avoir appartenu longtemps à
une communauté traditionnelle ou avoir une connaissance intellectuelle
approfondie des sujets mystiques, c'est là un danger dont le
disciple doit se garder avec vigilance. Le véritable "réalisé"
n'adopte pas d'attitude compassée ni un mode particulier de
vie publique. Il s'efforce, au contraire, de passer INAPERÇU
parmi les hommes et même parmi ceux qui croient le bien connaître,
et pour cela, avec les autres, il VEUT être comme les autres
et ne pas s'en différencier le moins du monde, MEME si, pour
un temps, il doit épouser leurs faiblesses. Il ne se révélera
QU'A CELUI QUI L'A RECONNU et qui a su dominer l'ultime obstacle des
APPARENCES, car il est vrai que le Maître n'apparaît que
SI le disciple est prêt. Toute autre considération est
illusion. Un rosicrucien, plus que quiconque, doit faire preuve CONSTAMMENT
de circonspection et prendre garde de ne pas succomber au mirage d'apparences
physiques, morales, intellectuelles ou spirituelles, même si
celles-ci sont revêtues des qualités extérieures
que de fausses conceptions, livres ou autres, et de regrettables confusions
attribuent à l'évolué.
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| Peinture
de Philip Rubinov |
Me voici donc, une fois encore, dans cette ambiance
spirituelle qui régénère l'être entier
et lui redonne force, vigueur et courage. Mon sanctuaire n'est éclairé
que par la lueur vacillante des flambeaux éternels qui brûlent
sur mon autel et je m'abandonne au repos et à la paix profonde.
Mes pensées de la matinée réapparues à
ma conscience le temps d'un éclair m'amènent à
réfléchir plus intensément à la question
des pouvoirs psychiques... Comme j'aurais besoin d'une formulation
plus précise pour les diriger et les situer dans leur contexte
véritable. Certes, ces pouvoirs, je les connais bien puisque,
par acquis, par transmission initiatique et par privilège de
fonction, j'en dispose dans leur plénitude pour une utilisation
SECRETE au service des autres. Mais comment expliquer, comment marquer
d'une manière significative leur nature secondaire par rapport
à l'essentiel auquel ils sont subordonnés, dont ils
ne sont qu'une conséquence et sans lequel ils ne sont que déviation
redoutable ! Le "verbe" du :Maître serait ici déterminant
pour une formulation appropriée et je l'appelle de toute mon
âme... et mon appel est entendu. Vite, j'ouvre le registre de
ma mémoire et, sous la dictée du Maître aujourd'hui
invisible, mais dont la voix retentit en moi de sa puissance infinie,
je note le message que je transcrirai plus tard, une fois revenu au
plan objectif, en termes compréhensibles par d'autres et par
moi-même :
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