Le sujet de l'âme-personnalité et du corps
physique étant, dans une certaine mesure, lié au précédent
et plus encore à celui, qui le suivra et qui concernera "les
appétits physiques"., il aurait peut-être convenu
de les rassembler sous un même chapitre. Il m'est apparu cependant
que c'eût été là une source de confusion,
trois aspects d'un problème unique devant toujours être
examinés d'un point de vue différent, avec, dans le
développement, une argumentation divergente en apparence, quoique
la conclusion soit nécessairement identique. De plus, je me
suis rendu trois fois dans la cathédrale de l'âme pour
avoir des éclaircissements sur chacun de ces aspects et le
Maître qui répondait à ma visualisation n'était
pas, chaque fois, le même. On peut aisément en comprendre
la raison. La visualisation, on le sait et je l'ai maintes fois répété
dans ces pages, doit être NETTE ET PRECISE. Une question vague
ne peut ainsi recueillir qu'une réponse générale,
aux contours imprécis. Par contre, à un problème
bien visualisé et attentivement délimité répondront
des éclaircissements d'une extrême précision,
même si un certain empiétement sur d'autres 'aspects
du sujet est inévitable. J'avais donc posé, avant de
rédiger le dernier chapitre, la question de la guérison
spirituelle. Mon nouveau contact cosmique, suscité quelque
peu par les commentaires du Maître, devait tout naturellement
se rapporter au corps physique DANS SA RELATION avec l'âme-personnalité.
Comment, en effet, fallait-il le considérer - comme un état
ou ensemble de conditions nuisibles à DOMINER par une ascèse
incessante et A VAINCRE comme source de "péché"
et de remords, ou bien A UTILISER TEL QU'IL EST, avec sa grandeur
et ses faiblesses ?
Mon sanctuaire privé, dans la cathédrale de l'âme,
est aujourd'hui intensément éclairé par les rayons
solaires qui projettent sur l'autel et les meubles, en les déformant,
les détails du splendide vitrail. Il est, en effet, "sur
terre", un peu plus de midi et bien que je préfère
la nuit pour mes contacts cosmiques, l'urgence à poursuivre
la préparation de mon manuscrit m'a conduit ici et m'y conduira
les jours prochains à diverses heures de la journée.
Le Maître était déjà "là"
quand je suis arrivé, ce qui montre que ma visualisation était
correcte et efficacement réalisée et que mon désir
d'avancer le travail en cours était compris des Maîtres
de la Connaissance. Une fois parvenu à la cathédrale
de l'âme, il ne faut jamais répéter la question.
Il faut rester dans un état de RECEPTIVITE ET DE PASSIVITE
absolue pour que la conscience intérieure soit imprégnée
de la réponse attendue. Je suis donc DANS LE SILENCE et le
Maîre parle :
"Oui, rien n'est plus vrai que de considérer
le corps comme une cathédrale pour l'âme-personnalité
qui l'habite. Cette cathédrale est VIVANTE aussi longtemps
que son "hôte" y est présent et lui insuffle
LA VIE. Le gardien de la cathédrale est LE MENTAL. Théoriquement,
sa mission consiste à maintenir les lieux en bon état,
à reconnaître les visiteurs que sont les idées
et à n'admettre que les bons, à veiller à ce
que tout soit bien en ordre au-dedans et au dehors, et d'une manière
générale à se conformer aux instructions établies
depuis toujours pour une fonction comme la sienne. En pratique, malheureusement,
ce gardien, souvent, s'enorgueillit de sa charge et il en vient à
se supposer le maître avec toutes les erreurs qu'une conception
aussi erronée de sa mission implique et les réactions
néfastes - pour lui et pour la cathédrale dont il a
la responsabilité que lui vaut son attitude erronée.
Il arrive même qu'il devienne si préoccupé de
ne pas paraître moins qu'il se prétend et si soucieux
de son prestige qu'il oublie l'hôte véritable de la cathédrale
et ne dirige plus vers lui les pensées venues pour visiter
l'authentique propriétaire des lieux. Des avertissements de
plus en plus sévères lui sont naturellement donnés
par ce propriétaire autant que par les visiteurs. Ces avertissements
prennent la forme de soucis, de tourments, de remords et surtout d'inquiétude
et d'insatisfaction, cornpensés généralement
par une croyance religieuse quelconque procurant un apaisement passager,
et cela durera jusqu'à ce que les expériences négatives
répétées ayant entamé l'assurance trompeuse
du mental, celui-ci capitule progressivement et redonne à l'âme-personnalité
sa véritable place et toute son influence, l'origine de cette
salutaire capitulation coïncidant avec l'entrée sur le
Sentier, avec le début de la queste mystique et traditionnelle.
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Peinture de Francine Hart
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