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| Quartier residentiel
a Rome |
Mon compagnon conduit d'une main sûre et rapide
qui nécessite silence et concentration. Les jours suivants,
quand il me donnera le plaisir de conduire cette voiture exceptionnelle,
ce sera, certes, de sa part un témoignage de confiance et d'estime
mais tous deux, comme aujourd'hui, nous serons concentration et silence,
et c'est sans doute pendant ce temps d'apparent repos de la pensée,
que s'amasseront au seuil de notre conscience objective, la connaissance
et la lumière qui jailliront de notre être, d'abord dans
nos conversations et un peu plus tard dans les circonstances exceptionnelles
que nous vivrons ensemble¼
Il faut bien qu'à attribuer un nom à mon compagnon je
me décide car il ne saurait être question de lui donner
SON nom. Aucune recommandation particulière ne m'a été
faite par lui à ce sujet, mais l'anonymat est une règle
implicite dans ce genre d'aventure, à plus forte raison si
un nom risque de personnaliser le récit et d'en dévier
l'intention. Ce n'est pas l'histoire d'un homme que j'écris
; c'est la relation d'une rencontre dont il n'a été,
comme moi-même, qu'un acteur et non pas le premier rôle.
Ainsi, mon compagnon ne peut être en ces pages qu'un prénom
élu au hasard d'une idée qui passe... Robert, Philippe,
Louis ? .... Qu'importe ! Pourtant il le faut et c'est pourquoi, ami,
je te baptise JEAN.
Que l'appartement de Jean soit sis sur l'une des célèbres
collines romaines n'a rien de surprenant et il n'est pas davantage
surprenant quand on sait QUI est Jean que la "Via" où
se trouve cet appartenant soit l'une des plus résidentielles
de Rome. Je ne décrirai pas cette demeure sinon pour souligner
de quelques mots son luxe discret fait d'une simplicité et
d'une grandeur où se reconnait en toutes circonstances et en
tout lieu l'empreinte de l'authentique noblesse. Cependant, dans ses
autres résidences, ailleurs dans le monde je rencontrerai plus
tard partout ce que j'appelle en moi-même "le signe de
Jean", et ce signe, je le percevrai aussi chez ceux qui l'entourent,
chez ses enfants, certes, mais aussi chez ceux qui le servent, comme
par exemple ce serviteur qu'il vient aimablement de congédier
pour que nous soyons seuls dans la bibliothèque à peine
éclairée où nous avons pris place côte
à côte sur un canapé aux chatoyants motifs, près
d'un élégant secrétaire ...