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- "Dans l'auguste lignée que notre temps
a obscurci mais que je représente malgré tout, un irrésistible
attrait pour le mystère s'est transmis d'une génération
à l'autre et je ne suis point, à cet égard, une
exception ..."
Mon hôte entend-il monologuer pendant tout le temps que nous
serons ensemble ? Je ne sais ... quoique je sois disposé à
écouter seulement et à apprendre. Il parle d'une voix
grave et le geste dont il accompagne certains mots ne manque pas de
grandeur. Ce qu'il vient d'affirmer n'est pas dit en guise d'excuse.
Une confession, quelle que soit la forme qu'elle revêt, commence
toujours par une définition plus ou moins précise de
soi-même. Jean ne peut ignorer que l'histoire "occulte"
de ses ancêtres m'est bien connue. Elle l'est de beaucoup et
peut-être un peu plus de moi qui ai le privilège d'avoir
accès à de rares archives... J'interromprai donc le
moins possible mon interlocuteur...
- " ¼ La puissance en ce monde, politique, financière
et même religieuse, concentre en soi le désir d'une puissance
plus grande, car l'homme est à jamais insatisfait de son état.
Il faut à une puissance son complément de puissance.
Le politique sent le besoin de dominer le financier. Le financier
est irrésistiblement enclin à peser de tout son or sur
le politique et quand au religieux, il aspire souvent, hélas,
à la puissance temporelle et cherche à s'appuyer sur
le politique et le financier. Quel étrange triangle, en vérité,
dont l'un des points ne tient qu'en fonction des deux autres pour
sa propre manifestation ! Or, ces trois points, ma famille les a conquis
et conservés pendant es siècles et il lui fallait donc
une puissance compensatrice plus vaste se situant au-delà de
ce triangle temporel. Il en est résulté ce que je considère
aujourd'hui comme LA RECHERCHE dont j'ai pour ainsi dire hérité...
avec le reste et mon privilège est assurément de n'avoir
pas à parcourir ce qui fut franchi avant moi, après
bien des tâtonnements, des erreurs et même des déviations
dans ce que l'on pourrait qualifier de "diableries"!...
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| Peinture de Bill
Neidow |
Ces derniers mots s'accentuent d'un sourire que je
partage. Jean se tait quelques instants et je m'interroge : Où
veut-il en venir ? J'aurais dû me poser la question bien avant
mais, comme de coutume, je suis si curieux d'autrui, si aventurier
de nature et si avide de "participer" aux autres, que mon
âme paresseuse se refuse à anticiper. Cependant, tout
est à ce point bizarre dans cette rencontre et dans ce qui
m'est confié que des questions émergent à ma
conscience et que je me demande pourquoi et comment j'ai pu accepter
de venir ici. Comment ! Cet homme au nom illustre, bien qu'il ne soit
en ce récit que "Jean", il était près
de MA fontaine à une heure inattendue et, après quelques
mots, il me reçoit chez lui, se livre à moi comme à
un ami de toujours et cela me parait normal, aller de soi ... Une
fois de plus, ma propre psychologie m'étonne ! À moins
que .... à moins qu'il connaisse DEJA l'ordre rosicrucien A.M.O.R.C.
et que se confier à moi apaise son inquiètude espérance.
Pourquoi devrais-je au fond, être surpris ? Il m'est arrivé
ré cemment à Orly, alors que j'attendais d'embarquer,
de dire quelques mots à un passager très âgé
en partance pour une autre destination et soudain de l'entendre, pendant
quelques mimutes, m'entretenir ses "cryptes secrètes d'Istambul".
Comment alors m'étonnerais-je de l'aventure que je vis en ce
moment !
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