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Comme précédemment, il s'agenouille,
les deux mains appuyées sur l'épée placée
devant lui; c'est à genoux que, nous aussi, entendons LA PAROLE
:
- "Oremus charissimi fratres praesta quaesumus omnipotens deus
ut ordo noster et aeternis proficiat institutis et temporalibus non
destituatur auxilus (Prions très chers frères : faites,
nous vous en prions, Dieu tout puissant que notre Ordre soit utile
aux desseins éternels et ne soit pas abandonné par les
secours temporels)".
Etrangement, je ne "perçois" le son de son "Amen"
qu'au moment où il s'asseoit et il a dû en être
de même pour mon compagnon car c'est avec moi, en reprenant
place, qu'il répète à voix basse : "Amen"
!
Cela fait DEUX FOIS que le cardinal blanc nous invite à la
prière et? CHAQUE FOIS, il a prononcé LA PAROLE DU TEMPLE.
Il me semble qu'EN CE MOMENT MEME, nous participons A UNE INITIATION
sans en avoir objectivement conscience...à une initiation ou
à UN ADOUBEMENT RITUEL, les explications, "l'instruction"
n'étant qu'INCIDENTES et complétant simplement l'attitude
et le geste sacrésy comme pour faire surgir ENSUITE à
la raison, LE BUT A ATTEINDRE. Mais déjà, II parle :
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- "LE CERCLE EST REFERME! Ce que vous pouviez
savoir sur l'Ordre du Temple est MAINTENANT éclairé
par une connaissance plus grande. VOUS AVEZ LES BASES QUI JUSQU'ICI
DEVAIENT RESTER LE SECRET DE NOS HAUTS-LIEUX. L'Ordre du Temple a
pris pour vous SA PLACE dans la filiation de la tradition absolue.
IL N'Y A PLUS "SEPARATION", IL Y A "UNITE" et
ainsi, Monseigneur, s'explique le document venu en votre possession
comme s'explique l'adoubement perpétué à chaque
génération dans votre illustre famille et le vôtre,
à l'âge de onze ans. Vos prédécesseurs
ont reçu la MARQUE DU TEMPLIER ET VOUS L'AVEZ REÇUE
VOUS-MEME, mais étant concerné, en raison du temps où
vous vivez, PAR LA RESURGENCE, le document s'est éclairé
pour vous SEULEMENT à une date récente. Vous êtes
venu ici plus tard que vos ancêtres MAIS votre présence
en ce lieu est PLUS SIGNIFICATIVE ET D'UNE PORTEE PLUS LOINTAINE que
la leur, lorsque, tour à tour, UNE FOIS DANS LEUR VIE, ils
furent admis dans l'un des onze hauts-lieux secrets.... Quant à
vous, FRERE, (et je sais qu'alors c'est à moi qu'il s'adresse)
VOUS DEVIEZ être avec nous, car LE TEMPLE EST VOTRE TEMPLE COMME
IL EST LE TEMPLE DE. TOUT SERVITEUR DE LA CAUSE, DE TOUT SERVITEUR
DE L'HOMME ET OU VOUS SERVEZ, LA EST LA CONNAISSANCE.... Prions une
dernière fois!".
Une dernière fois! LA TROISIEME ! C'est maintenant en moi une
certitude : Nous sommes adoubés. Mon compagnon le comprend-il
? J'ai soudain l'impression QU'IL LE SAIT DEPUIS NOTRE ENTREVUE PRES
DE LA FONTAINE ! Il ne l'admettra pourtant jamais ! En fait, CETTE
FOIS-CI, C'EST MOI QUI D'INSTINCT REPRODUIT SES GESTES. Le "Cardinal
Blanc" ne s'est pas agenouillé. Il est debout grand, immense
dans sa tenue blanche, l'épée levée sur nos têtes
baissées, tandis qu'à genoux, les mains jointes face
à face devant la poitrine, nous sommes EN NOUS-MEMES dans la
prière MUETTE de l'abandon et de la communion :
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- "Ut gladius nisi forti et intrepida manu geritur
définit esse timendum sici ordo nisi superiores regulae quoe
eum dirigunt non potest subsistere" (De même que le glaive
cesse d'être redoutable s'il n'est dirigé d'une main
ferme et intrépide, de même l'Ordre ne peut tenir bon
sans les Règles supérieures qui le dirigent...)
Et de la phrase suivante, je n'entends que le début :
- "ECCE VESTIMENTA TEMPLARII. NOMINE DEI OMNIPOTENTI ET VIGORE
MEI OPPICII........."
car l'épée, alors, frappe mon épaule gauche,
puis ma tête et mon épaule droite... ET JE SENS QUE MON
AME SE REJOUIT.... et je sens que je pleure.....
Assis maintenant à cote de mon compagnon, lui-même encore
en proie à une indicible émotion comme si l'épée
avait transpercé son âme, la délivrant ainsi de
toutes ses limitations et du voile de l'erreur, j'éprouve,
pour ma part, une PROFONDE PAIX. Devant nous, le Sage ne parait ressentir
aucune fatigue et il est pourtant TROIS heures du matin. Pendant
QUATRE heures IL A DISCOURU ET REMPLI CE QUE JE SAIS
INTERIEUREMENT ETRE SON OFFICE. Sans doute, LE TEMPS DE LA PRIERE
- DE L'OFFICE - A ETE LONG, PLUS LONG QU'IL N'EST DIT EN CES PAGES...
Mais ma propre expérience me permet de ne pas ignorer que LES
TEMPS DE SILENCE DU MAITRE QUI OFFICIE sont plus épuisants
que des heures de paroles, CAR L'ENERGIE TRANSMISE A CE MOMENT-LA
brise le corps admis, par l'initiation magistrale, à la convoyer
vers les autres....
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Il pose soudain son regard sur le mien :
- "CHOISIS DEUX POSTULANTS ET SOIS A CHARTRES LE 23 SEPTEMBRE
1968 A MIDI. PRES DE LA VIERGE, LE SIGNAL TE SERA DONNE PAR CELUI
QUI EST ICI AVEC TOI CETTE NUIT : IL VERSERA SON OBOLE ! ALORS, VA
A LA CRYPTE ET DEVANT L'AUTEL, DE TES MAINS, REFAIS A CHACUN D'EUX
L'ULTIME GESTE QUE JE VIENS D'EFFECTUER SUR VOUS DEUX, POUR CET ACTE
PRECIS, NE DEPASSE PAS TROIS MINUTES. CELA FAIT, TOUT POURRA S'ACCOMPLIR
!".
...... Et cela, je l'ai mené à bien, comme prescrit,
dans le temps et le lieu ordonnés, sans cependant rien relater
de ma propre aventure aux deux postulants que ma méditation
- et plus peut-être - m'avait désignés. EUX SEULS
ont reçu mais ils ne peuvent savoir qu'AVEC TOUS.... et ils
sauront seulement en même temps que vous. Telle est la loi d'humilité
et d'obéissance ! ....
Le Cardinal Blanc a repris "sa stature". Il est redevenu
IMPERSONNEL et il poursuit :
- "Je puis MAINTENANT aborder AVEC REVERENCE ET DISCRETION le
haut symbolisme du GRAAL. PLUS RIEN ne s'y oppose ni pour vous NI
POUR D'AUTRES. L'heure est venue, LES CONDITIONS SONT REMPLIES. Dans
le contexte de ce que J'AI DIT ET FAIT cette nuit, LE GRAAL PEUT ETRE
COMPRIS des coeurs purs et sincères car C'EST A EUX SEULS qu'à
travers vous, je voudrais m'adresser, et non à ceux dont la
prétendue et trompeuse sagesse ruine l'âme de son vide
orgueilleux et de sa stupide ambition. QUE LA LUMIERE DU GRAAL éclaire
à jamais l'humble et le pur, car il mérite la sainte
révélation !"